Même parmi les plus beaux Massifs de rosiers de maman, Qu’ils soient si odoriférants Ou près d’un pied de pavots Vers un parterre d’épais buis Distants de presque dix mètres, Mon Icare tel un pilastre Sait débusquer tous les chats gris. Il s’élance comme un soldat Sur le front, “Sus à l’ennemi !.” La bataille n’est pas finie, Cours, mettant les fleurs à trépas, Fonce et s’arrête net au Grillage du jardin voisin, Garni d’arbustes de sapins Et d’herbes à chat. Quel fléau ! Debout accroché au grillage, Icare aboie furieusement. Et piétinant, trépignant, Les dahlias subissent sa rage. Non ! Monsieur le Chat, les oreilles A peine dressées s’apprête à Ouvrir l’oeil gauche. Encore las, Se lève et de ses yeux soleil Qui clignent tout indolemment, Monsieur Le Chat vient s’étirer Tout près du grillage au nez D’Icare, et tout tranquillement S’assoit et lisse sa moustache. Icare, le museau au travers Du grillage, avec tonnerres Jette ses éclairs à l’encoche De l’oreille du téméraire. Ce n’est qu’après sa toilette Minutieuse que la tête De linotte lève son derrière. Semblable à une parfaite Elégance et maniérée De la danseuse admirée, Son éventail en panache Agité, il repart comme un Artiste éternel, fier de Son triomphe. Or, pendant ce Temps picorant des graines, un Moineau est tout à son aise. Icare furieux de cet affront L’aperçu et sur l’occasion Saute, et sa colère se Ravive sur le malheureux. L’approche inattendue Du fougueux molosse poilu Le surprend ; à tire-d’aile S’envole in extremis. Icare Le poursuit. Galope comme Un petit cheval sauvage Camarguais qui sans un écart Affronte le vent où sa grise Et soyeuse crinière vient S’ébouriffer. L’oiseau retient Des pépiements. Le pauvre bise Les marguerites. A quelques Centimètres le chasseur le Tenait de près. Une chance Inespérée amène le Moineau à se sauver quand je Rappelle mon ami fidèle.