Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
artsetstyle.over-blog.com

Extraits du manuscrit « LE MONDE RETROUVE »

Poésies imaginaires ou poésies inspirées par la vie ordinaire, au gré de balades.

…/…

BON CHASSEUR

Il s’appelle Bon Chasseur. Ce chef

Descendant d’une lignée des

Anciens Nukaks est aujourd’hui

Enfermé dans la grisaille

Des murs. Ce colosse assis

Sur un tabouret, le dos courbé

A perdu de son prestige...

Il cherche des yeux la clarté

Du jour. Mais le carreau sale

Ne laisse pas entrevoir le

Paysage. Dunbar, à côté,

Son ami de confiance

Se tient debout sous le néon.

Bon Chasseur ferme les yeux et

Se remémore les jours rares

Et heureux de sa vie passée

Dans la forêt. Des bruits de pas

Résonnèrent vers le couloir froid.

Des visages blancs l’avertissent

Que le procès peut commencer.

Dans la salle des voix retentissent.

Les hommes blancs lui indiquent

Sa place. Bon Chasseur figé

Et impassible observe

La scène. Il espère que ce

Porte-parole, ce frère

Demi-sang fera gagner la

Cause de son peuple. Sous

Un coup de marteau, le débat

S’ouvre...”La parole est donnée

A Maître José Luis. C’est sous

Le serment de Justice clamée

Qu’il entame : “Mesdames, Messieurs.

Cette affaire est précise !

Mon client ici présent, le

Ministre Bill Herta, suivi

Des Affaires Indiennes,

Reproche à l’opposition

De faire, sur une partie

Du territoire, obstruction :

Pour non-civilités près de

San José Del Guaviare

Et Irina. Puis d’intenter

Des actes de hautes barbaries

Envers les hommes chargés

De l’expulsion.” Quand Dunbar

Se tourne stupéfait, pâlit.

“Erreur ! Maître José Luis. Ce

Jour où vous faîtes référence,

Il s’agissait d’une horrible

Tuerie à l’encontre de ce

Peuple pacifiste. En fait,

Il célébrait une fête

Avec les siens lorsqu’ont sifflé

Des balles et cris résonnés ...

Les morts jonchaient sur les allées

Des camps. C’étaient les soldats

Armés. Si les nukaks, là-bas,

Ont tué des hommes blancs, c’est

Par pure défense ! Or !...Au

23 mars 2003, donc bien avant les

Massacres, j’ai assisté à

La seule négociation. Au

Lendemain, Monsieur Bill Herta

Ici présent, Délégué des

Affaires Indiennes, avait

Conclu avec l’accusé, le

Chef Bon Chasseur, un traité de

Paix qui fut signé ! “ La salle

S’offusque d’un “Oh”. L’avocat

Hausse la voix et ajoute,

Les Nukaks acceptèrent le cas :

Leur territoire délimité

A l’Ouest près de San José

Del Guaviare, leur était

Laissé à leur convenance.

Par conséquent, ils étaient

Libres de continuer leur

Culture et leur mode de

Vie. Cependant depuis cette heure,

Le peuple Nukak n’excuse

Pas cette abominable

Tuerie ni cette trahison !

Toute la salle fustige

Aussitôt. Et la Cour à son

Tour se concerte. Le juge

Dit : “La Cour déclare, après

Délibération, le peuple

Nukak étant condamné à ...

“ Monsieur, ! ... réplique l’avocat,

Voici les quelques témoins qui

Ont survécu !. En vertu de

L’article mille cinquante-six,

La liberté consiste à

Ne nuire...; de l’article deux milles,

Les domaines étant un droit

Inviolable et sacré...De

La Déclaration des Droits de

L’Homme ; ces articles ont été

Bafoués ! La salle acclame.

Alors le juge animé

Déclare : “En vertu de ces

Articles, je déclare que

L’accusé reconnu du fait

Mentionné, soit relâché et

Peut vivre aux conditions dictées

Précédemment du Traité de

Paix du 23 mars 2002.

…/…

LE NOUVEL AN

Que le soir est froid et pluvieux,

Les étoiles scintillent dans les cieux,

Des lumières clignotantes plaisent aux yeux.

Dans la salle règne la bonne humeur,

Quand retentissent des échos joyeux,

Tous les visages rient en choeur ;

L’or et l’argent sont au rendez-vous,

Aimable la maîtresse se dévoue :

“Artisans, ouvriers et commerçants,

Ce soir on fête le Nouvel An !”

Un immense sapin brillant

Nous rappelle de merveilleux instants.

Le cristal luit de mille reflets

Et regorge de délicieux mets,

Sur la table richement fleurie.

La musique m’enivre, je souris.

Sur la piste spacieuse se mêlent

Teints et étoffes, plumes et lumières,

Les musiciens aux allures fières

Entament ce bel air de Ravel.

Et sonne la grande horloge,

Toutes les exclamations fusent,

Car ce jour mérite tant d’éloges.

Jurer d’une vie meilleure, elle ruse.

Le champagne coule limpide

Dans les coupes en pyramide.

Des mains avides s’en emparent,

Et de ce délicieux breuvage,

Les esprits se délient et voyagent,

Les moments de la vie se parent.

Dans le bleu profond de la nuit,

Eclairé par des étoiles,

Des milliers de flocons de neige fuient,

Glissant lentement le mince voile.

Au loin, les arbres semblant hurler

M’avisent du danger....

Des rires surprennent ma rêverie,

Les confettis sont éparpillés

Sur les têtes pailletées,

Et mille feux éclatent de magie.

Les brumes du matin s’effacent

Sur la ville encore endormie.

Blanche neige a pris sa place,

Reste ! Et garde la vie.

De ce nouveau jour qui commence,

Je me souviens de cette romance.

Ces grands chênes ankylosés,

Aux frêles branches cristallines

Rayonnent de lumières satines,

L’attente de la vie demeure figée.

Nathalie Salat

Partager cette page

Repost 0